M’sieur Hamon, si je peux me permettre?

Monsieur Hamon,
allez je me permets : ne prenez pas ombrage des désistements des vieux machins du PS!
Bien au contraire, je trouve sans être la seule que c’est un excellent signe de probité en ce qui vous concerne. Ne pas être soutenu par ces rats nourris aux égouts du Medef est tout à votre avantage finalement, ça compense un peu le fait que vous soyez issu de leur cuisse et que vous ayez opté d’utiliser leur primaire afin de les représenter dans cette bouffonnerie d’élection présidentielle.
En fait, communiste puis socialiste puis écolo et enfin abstentionniste depuis que j’ai été voter Chirac en pleurant, j’ai eu un chatouillis électoral lorsque j’ai capté votre discours et j’ai tendu l’oreille : oh, mais c’est qui ce petit, là? Voilà que sortent enfin les principes indignés, rabhistes, nuit deboutesques et j’en passe? Ah oui, Hamon le frondeur! Ooooh, il ose le revenu universel, la sortie du nucléaire, la fin de la malbouffe!!! bien!
Alors j’ai mieux écouté, puis j’ai fouillé, vous, votre programme ; j’ai même écrit à votre facebook (avant que ce ne soit plus possible) au sujet du revenu universel sans être convaincue par la réponse reçue, pas de précisions.
Puis vous avez été élu à cette primaire et voilà que vous vous êtes mis à rétropédaler, un peu trop. Gros discours presque labelisé Hollande 2012 où vous avez picoré un peu dans tout en gigotant et criant presque autant que le Bébé Macron, mais c’est bien, les gens aiment bien ça, vous étiez certainement un peu trop posé et calme. Voyez les harangues oratoires du Mélenchon, ça hypnotise! Moi il me fait flipper, affaire d’égo là, on sait pas quel dictateur se cache des fois dans la manche des oracles. Mais bon…
Alors, pas de bol les écrans sont trollés par Fillon (à croire que c’est fait exprès à force) et le monde des gens n’a pas l’air de vouloir piger que c’est le moment d’évoluer, vite, vu qu’on a presque fini de scier la branche où on est assis mais qu’on veut pas de chaises. Ces chaises confortables et épanouissantes que vous nous proposez Monsieur Hamon, ces bonnes chaises faites main et maison,  qui terrifient les arrières-trains adipeux habitués aux velours mousseux et aux ors des sièges du capitalisme, ces culs qui n’attendent que le trône et que de nous coucher par terre.
Non, Monsieur Hamon, soyez surtout pas outré par les désistements de ces suceurs de moelle, soyez en heureux. Imaginez le contraire : soutenu par Valls??? Par Ségo??? El Khomri??? Comment dire, heu…
Au contraire, profitez en pour raffermir vos thématiques, n’essayez même plus de faire de la lèche à qui que ce soit, il y a lurette que la sauce du PS est moisie. En faire partie est le bât qui vous blesse encore et qui à mes yeux et à d’autres empêche la confiance, et mon vote.

Ne croyez pas que c’est facile l’abstention hein, c’est une conviction.

Tout sauf de la flemme ou de l’inintérêt, l’abstentionniste est aussi celle ou celui qui en a marre d’être pris pour un-e con-ne, pour un-e teubé-e à deux neurones, qui a compris que ce sont ses petites mains qui nourrissent l’ogre qui va bouffer ses enfants, et qui a assez de recul pour constater que non, non, rien a changé, tout, tout a empiré.
Je ne voterais donc pas, encore, cette fois, ça me titille mais ça me twerke pas,  bien que vous m’ayez presque convaincue.

Y a encore deux trois bricoles à revoir sur votre copie qui font que je sent encore la main mise (notamment sur l’augmentation de « l’aide » aux pays en voie de développement : ils ont juste besoin qu’on leur paye ce qu’on leur doit, finissez-en avec la colonisation) des vieux croûtons de la gauche.
Vous ramez face au vent M’sieur Hamon,  mais le vent finira par tourner (en tout cas il vaudrait mieux pour notre descendance) et vous tenez le bon bout, souquez ferme!

 

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Ô peuple, va te faire…

Quand les autres là, les ancêtres, disaient de refiler du pain et des jeux à la plèbe pour manger facile sur son dos, je suis sûre qu’ils n’auraient jamais osé imaginer où on est maintenant, ils doivent faire des yeux en Loto gagnant les vieux là bas.
Le Monde, là.

Politiquement, le spectacle est grandiose, en mode vaudeville Shakespearien (si si ça peut), tandis que socialement on peine à sortir du moyen âge et qu’environnementalement de toute façon on est quasiment dead. Intellectuellement faut même pas en parler, demandez à Hanouna plutôt. Ou à… y a le choix.
Il n’y a plus de complexes à montrer ses slibards sales, c’est à qui affichera ses pires corruptions, ses traîtrises, ses noirs desseins et ses désirs illimités de profits à tout prix ; une surenchère du vilain, un acharnement à envoyer paître les valeurs obsolètes (loyauté, honneur, respect, honnêteté, courage) au fond de l’abîme sans fond de la quête du pouvoir. Combat de coqs au poulailler, la classe et les belles plumes en moins.
Et le pire, le pire dans tout ça, c’est la plèbe justement, ce « peuple » infantile qui se délecte, qui se mobilise pour leurs champions, qui installe sur les trônes ces idoles de foire : enfin quoi, pas de spectacle sans spectateurs! D’où ils sortent , aucun fusil ne les a amenés là, ils sont ravis de tremper leur sucre dans la flaque de sang. Mettre au pouvoir l’infâme, celui là qui ressemblera le plus aux tréfonds de leurs frustrations, à la crasse inavouée de leurs pensées étroites, encenser avec des floraisons de drapeaux les plus vils, les plus racistes, les plus riches, les plus déterminés à marcher sur la gueule du monde avec des chaussures à clous…

Untel, qui travaille dans un boulot très bien rémunéré mais très axé sur le profit et désastreux pour l’environnement me disait hier qu’il bossait comme un fou pour mettre ses enfants « à l’abri », il fallait comprendre qu’il accumulait l’argent pour acheter maison, études, voitures : tout signes ostensibles de réussite sociale. Lui dire qu’il se trompait, que son boulot hyper polluant ferait que ses gosses n’auront pas l’air pour profiter de leurs richesses… Il sait, mais… « personne ne bouge… », « de toute façon c’est pas à moi de… », « ça changera rien si j’arrête donc autant continuer », « t’es une babos utopiste » etc… Voilà les dangereux, le déni de demain.


Et les autres, c’est à vous que je pense, à la poignée de résistants, d’humains, d’éveillés… c’est mille fois plus de courage qu’il leur faut, d’abnégation. Ils sont visibles, ils sont là, comme une oasis d’intelligence dans un désert de merde, à montrer avec patience, goutte à goutte, graine à graine, à instiller l’espoir fou et infime que la vie pourrait encore gagner. La vie, pas le cirque. C’est eux qu’il faut soutenir, c’est là bas qu’il faut aller quel qu’en soit le prix. On est à deux millimètres du mur, la collision ne laissera pas de seconde chance…

 

 

 

Festival AfriClap, les cinémas d’Afrique à Toulouse

Il y a des évènements dans la vie culturelle d’une cité qui ne peuvent laisser indifférent.
C’est le cas du Festival des Cinémas d’Afrique, Afri Clap, à Toulouse ; où cette année j’ai eu le privilège d’être dans l’équipe des bénévoles, le privilège d’être dans les invités aussi, le privilège d’avoir pu réaliser le graphisme de l’affiche.
Privilégiée, oui!
D’abord parce que ce Festival, c’est une tablée pantagruélique de mets cinématographiques plus alléchants les uns que les autres, 30 films servis en 5 jours! De quoi se gorger intellectuellement en attendant le prochain, riche nourriture pour les esprits en quête d’ouvertures, de connaissances. Accompagnés aussi de débats, de conférences, la bonne sauce en soutien à la compréhension de ces ailleurs qui nous fascinent, nous interpellent, parfois nous dérangent dans nos vérités trop facilement assises.
C’est aussi des concerts. Par exemple celui de Kabine Kaabi Kouyate qui a suivi la projection du superbe documentaire « Sur la trace de Kandia » dédié à son père le Grand Sory Kandia Kouyaté, un film qui a attrapé les larmes de bon nombre de spectateurs. Connaisseur seulement connait hein.
Et puis Burkina Azza bien sur et ça c’est ma mention perso, c’est mon pays! Le bonheur!
Afri Clap c’est aussi, en plus du reste, une grande foire culturelle sur deux jours : des stands d’excellente qualité (y a pas chinoiseries dèh!), de beaux produits et une restauration impeccable et délicieuse.
Vous allez me balancer que c’est du parti pris tout ça, hein?
Bah oui. A fond. Absolument.
Simplement parce qu’en dehors de l’évènement lui même et ce qu’il offre en terme d’animations, c’est ce que j’ai (enfin!) trouvé sous son manteau qui m’a bouleversée : une détermination, une volonté humaniste hors normes, une éthique, une notion du partage socioculturel comme je le rêvais sans l’avoir encore approché.
Et ça, ça vient d’un gars, nooooooooooooon, walaye, lui là, trop puissant, ce qu’il arrive à propager, à réaliser c’est quasiment miraculeux (bah, on est à Toulouse hein). Ce type doit avoir une collection d’ancêtres sages et guerriers et de djins très très fort qui le surveillent et le soutiennent, sinon on allait pas voir ça.
Monsieur Bernard Djatang il s’appelle. Le Boss.
Si j’étais une vraie jélimusso j’allais m’attacher à sa cour et chanter ses louanges sur les 100 prochaines générations.
Et Monsieur Djatang étant ce qu’il est; il a réussi à créer et fédérer un truc au fluide magique. Avec une équipe de bénévoles tous adorables que je salue chaleureusement.
Avec, en ce qui me concerne, des rencontres incroyables, improbables, inattendues et géniales, qui soutienne la théorie qui dit : « il n’y a pas de hasard ». Tonton Zé, Laure, Fasky, Rolande… Des émotions et des images que je vais digérer tranquillement maintenant. Quelles surprises!
Bref, cet évènement est exceptionnel à plus d’un titre, et il suffisait d’écouter le ressenti des gens, public et exposants pour en être convaincu : malgré les cafouillages, retards, blèmes techniques divers qui émaillent tout bon festival débutant : je n’ai entendu que le même air dans chaque bouche : bravo, merci, quel beau moment, que c’est rare autant d’humanité, hyper sympa, on reviendra etc…
Voilà.
Vivement Africlap 2017.
Et si tout ça vous donne envie, n’hésitez pas à soutenir cette asso, à rejoindre les bénévoles, à partager pour en assurer la pérennité parce qu’on le sait, c’est pas le budget du ministère de la culture qui fait les choses… Surtout que ce Festival est GRATUIT à 98%, quand je parlais d’une détermination humaniste j’avais l’air de rigoler ou quoi?
C’est dit!
Le lien pour en savoir plus => http://www.africlap.fr/

africlap 2016

africlap 2016

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