Never mind

Bon baaaah…
y a des jours où c’est hard de donner un sens à sa propre existence, faut se fouiller sévère, aller puiser dans les dernières petites réserves du sac tari des illusions et aller, vaille que vaille… alors que t’as juste une rage de tarée qui te malmène la tripe, que t’as des lames de 20cms aiguisées comme des coupes-choux qui veulent jaillir sous chaque ongle de chacun de tes putains de doigts, que le cri que tu ravales à grand renfort de tes glandes salivaires est tellement monstrueux qu’il briserait le fragile édifice de ta raison raisonnable…
Non vraiment, y a des jours où il faut une sagesse de moine Shaolin pour enquiller les claques, faut une abnégation de nonne pour supporter de n’avoir jamais le retour de l’amour que tu ressens, t’as beau le savoir par cœur bah y a des jours où ton plexus implose en milliers d’esquilles qui te maravent de l’intérieur  puis t’étouffent dans l’abominable cloaque de l’injustice flagrante.
Y a des jours où quand arrive le soir t’es plus qu’une poche vide, t’es juste une paire de cernes mouillées dans ta cuisine, tu sais tellement l’inutilité du baston que tu te contentes de faire du bruit en faisant ta vaisselle, t’espère bien au moins casser un verre ; les yeux fixés sur la nuit dehors où les derniers loups quelque part où t’es pas doivent hurler à la Lune, et où tu donnerais un bras pour être à hurler avec eux.
T’as des jours qui commencent heureux et qui te finissent au scalpel sans anesthésie, ton impuissance en perfusion, à chercher un sens à ta présence dans le radeau de ton lit tandis que le tsunami du monde t’avale et recrache ton insignifiance.
Et demain. Bordel, heureusement il y a toujours demain.
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M’sieur Hamon, si je peux me permettre?

Monsieur Hamon,
allez je me permets : ne prenez pas ombrage des désistements des vieux machins du PS!
Bien au contraire, je trouve sans être la seule que c’est un excellent signe de probité en ce qui vous concerne. Ne pas être soutenu par ces rats nourris aux égouts du Medef est tout à votre avantage finalement, ça compense un peu le fait que vous soyez issu de leur cuisse et que vous ayez opté d’utiliser leur primaire afin de les représenter dans cette bouffonnerie d’élection présidentielle.
En fait, communiste puis socialiste puis écolo et enfin abstentionniste depuis que j’ai été voter Chirac en pleurant, j’ai eu un chatouillis électoral lorsque j’ai capté votre discours et j’ai tendu l’oreille : oh, mais c’est qui ce petit, là? Voilà que sortent enfin les principes indignés, rabhistes, nuit deboutesques et j’en passe? Ah oui, Hamon le frondeur! Ooooh, il ose le revenu universel, la sortie du nucléaire, la fin de la malbouffe!!! bien!
Alors j’ai mieux écouté, puis j’ai fouillé, vous, votre programme ; j’ai même écrit à votre facebook (avant que ce ne soit plus possible) au sujet du revenu universel sans être convaincue par la réponse reçue, pas de précisions.
Puis vous avez été élu à cette primaire et voilà que vous vous êtes mis à rétropédaler, un peu trop. Gros discours presque labelisé Hollande 2012 où vous avez picoré un peu dans tout en gigotant et criant presque autant que le Bébé Macron, mais c’est bien, les gens aiment bien ça, vous étiez certainement un peu trop posé et calme. Voyez les harangues oratoires du Mélenchon, ça hypnotise! Moi il me fait flipper, affaire d’égo là, on sait pas quel dictateur se cache des fois dans la manche des oracles. Mais bon…
Alors, pas de bol les écrans sont trollés par Fillon (à croire que c’est fait exprès à force) et le monde des gens n’a pas l’air de vouloir piger que c’est le moment d’évoluer, vite, vu qu’on a presque fini de scier la branche où on est assis mais qu’on veut pas de chaises. Ces chaises confortables et épanouissantes que vous nous proposez Monsieur Hamon, ces bonnes chaises faites main et maison,  qui terrifient les arrières-trains adipeux habitués aux velours mousseux et aux ors des sièges du capitalisme, ces culs qui n’attendent que le trône et que de nous coucher par terre.
Non, Monsieur Hamon, soyez surtout pas outré par les désistements de ces suceurs de moelle, soyez en heureux. Imaginez le contraire : soutenu par Valls??? Par Ségo??? El Khomri??? Comment dire, heu…
Au contraire, profitez en pour raffermir vos thématiques, n’essayez même plus de faire de la lèche à qui que ce soit, il y a lurette que la sauce du PS est moisie. En faire partie est le bât qui vous blesse encore et qui à mes yeux et à d’autres empêche la confiance, et mon vote.

Ne croyez pas que c’est facile l’abstention hein, c’est une conviction.

Tout sauf de la flemme ou de l’inintérêt, l’abstentionniste est aussi celle ou celui qui en a marre d’être pris pour un-e con-ne, pour un-e teubé-e à deux neurones, qui a compris que ce sont ses petites mains qui nourrissent l’ogre qui va bouffer ses enfants, et qui a assez de recul pour constater que non, non, rien a changé, tout, tout a empiré.
Je ne voterais donc pas, encore, cette fois, ça me titille mais ça me twerke pas,  bien que vous m’ayez presque convaincue.

Y a encore deux trois bricoles à revoir sur votre copie qui font que je sent encore la main mise (notamment sur l’augmentation de « l’aide » aux pays en voie de développement : ils ont juste besoin qu’on leur paye ce qu’on leur doit, finissez-en avec la colonisation) des vieux croûtons de la gauche.
Vous ramez face au vent M’sieur Hamon,  mais le vent finira par tourner (en tout cas il vaudrait mieux pour notre descendance) et vous tenez le bon bout, souquez ferme!

 

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Ô peuple, va te faire…

Quand les autres là, les ancêtres, disaient de refiler du pain et des jeux à la plèbe pour manger facile sur son dos, je suis sûre qu’ils n’auraient jamais osé imaginer où on est maintenant, ils doivent faire des yeux en Loto gagnant les vieux là bas.
Le Monde, là.

Politiquement, le spectacle est grandiose, en mode vaudeville Shakespearien (si si ça peut), tandis que socialement on peine à sortir du moyen âge et qu’environnementalement de toute façon on est quasiment dead. Intellectuellement faut même pas en parler, demandez à Hanouna plutôt. Ou à… y a le choix.
Il n’y a plus de complexes à montrer ses slibards sales, c’est à qui affichera ses pires corruptions, ses traîtrises, ses noirs desseins et ses désirs illimités de profits à tout prix ; une surenchère du vilain, un acharnement à envoyer paître les valeurs obsolètes (loyauté, honneur, respect, honnêteté, courage) au fond de l’abîme sans fond de la quête du pouvoir. Combat de coqs au poulailler, la classe et les belles plumes en moins.
Et le pire, le pire dans tout ça, c’est la plèbe justement, ce « peuple » infantile qui se délecte, qui se mobilise pour leurs champions, qui installe sur les trônes ces idoles de foire : enfin quoi, pas de spectacle sans spectateurs! D’où ils sortent , aucun fusil ne les a amenés là, ils sont ravis de tremper leur sucre dans la flaque de sang. Mettre au pouvoir l’infâme, celui là qui ressemblera le plus aux tréfonds de leurs frustrations, à la crasse inavouée de leurs pensées étroites, encenser avec des floraisons de drapeaux les plus vils, les plus racistes, les plus riches, les plus déterminés à marcher sur la gueule du monde avec des chaussures à clous…

Untel, qui travaille dans un boulot très bien rémunéré mais très axé sur le profit et désastreux pour l’environnement me disait hier qu’il bossait comme un fou pour mettre ses enfants « à l’abri », il fallait comprendre qu’il accumulait l’argent pour acheter maison, études, voitures : tout signes ostensibles de réussite sociale. Lui dire qu’il se trompait, que son boulot hyper polluant ferait que ses gosses n’auront pas l’air pour profiter de leurs richesses… Il sait, mais… « personne ne bouge… », « de toute façon c’est pas à moi de… », « ça changera rien si j’arrête donc autant continuer », « t’es une babos utopiste » etc… Voilà les dangereux, le déni de demain.


Et les autres, c’est à vous que je pense, à la poignée de résistants, d’humains, d’éveillés… c’est mille fois plus de courage qu’il leur faut, d’abnégation. Ils sont visibles, ils sont là, comme une oasis d’intelligence dans un désert de merde, à montrer avec patience, goutte à goutte, graine à graine, à instiller l’espoir fou et infime que la vie pourrait encore gagner. La vie, pas le cirque. C’est eux qu’il faut soutenir, c’est là bas qu’il faut aller quel qu’en soit le prix. On est à deux millimètres du mur, la collision ne laissera pas de seconde chance…