Hé, meuf.

Merci Pauline HARMANGE  pour ta newsletter du jour, encore un truc qui résonne bien profond entre mes oreilles. Abonnez vous si vous voulez la recevoir aussi : https://uninvincibleete.com/

C’est marrant, le fait de te découvrir avec ton titre de livre de ouf et de te lire via tes infolettres (je m’autorise le tutoiement, j’espère que ça ne te dérange pas) m’a fait découvrir des choses sur ma pomme alors que je pensais en avoir fait le tour depuis un moment (la ménopause, pour l’introspection, rien de tel.)

 

 

J’éprouve la même difficulté à me montrer « féminine », j’ai subi de la même façon sur toute une longueur de vie les injonctions au paraître et me suis forcée, plus ou moins, aux déguisements femelles alors que c’est tellement plus confortable un futal, des grolles plates, des sweats ou des t-shirt amples et protecteurs etc.

Souvent cheveux rasés aussi parce que je n’ai jamais su quoi faire de ces ficelles ténues, éparses, ingérables, rêches en mode étoupe pour briquet à silex…
Aujourd’hui j’ai quasiment résolu tout ça, n’ayant plus ni le besoin, ni le désir de plaire à qui que ce soit.
C’est un sacré pouvoir auquel je commence à m’habituer, celui d’être soi.
Je suis même capable de descendre faire pisser le chien en vieux survêt d’homme trop grand qui me sert de pyjama (Centre-ville de Toulouse 😉) en me tenant droite et fière, j’ai presque envie qu’on vienne me critiquer histoire de fighter un peu mais plus personne ne le fait, les vieilles on leur fout la paix, en général.
Je ne teins plus mes tifs au henné et je suis avec ravissement et impatience leur poussée grise, avec les autres #Silversister du monde.
Je pensais avoir de bonnes raisons pour avoir porté un demi-siècle durant des tenues « hommasses » comme dirait ma mère, passant du baba pat d’éph 70 au punk bondage 80, au Mods, au ska… et maintenant, entre sarouel et survêt.
Ado, j’avais le physique, zéro nichons, épaules larges.
Je me faisais traiter de pd dans la rue, et non pas de gouine, ce qui me faisait bien marrer jusqu’au jour où je me suis faite violement agresser parce qu’un type bourré m’a vraiment prise pour « un enculé de pédale » et m’a déchargé sa haine et son poing dans ma gueule.
Du coup j’ai pris conscience de ces luttes-là. Autre histoire.
En fait, je ne voulais pas être une femme.
Attention, je suis très bien dans mon corps de femme, et pour rien au monde je ne voudrais être un homme (je les déteste tous 😉) mais je ne voulais pas qu’on voit, que les hommes voient que j’étais une femme, ce synonyme de fragile, de violable, de baisable, de morceau de viande, de proie, de victime, de poupée, de fifille sur les genoux bizarres à son papa.
J’avais démarré tôt dans ça (proie, victime, violable, baisable) et inconsciemment j’ai dû penser que d’avoir l’air d’un petit mec me mettrait hors zone à risque.
Et j’avais raison. C’est un bouclier efficace. Et si j’avais envie de lever un type, je ressortais la minijupe et le décolleté et hop, les coups d’un soir rien de difficile.
Et c’est terrible de se dire qu’aujourd’hui encore rien, strictement rien n’a évolué par là.
Se fâcher avec un ami présent depuis 41 ans parce que je m’offre une vieillesse « négligée », lui qui ose en 2020 me dire qu’à choisir il préfère Marylin Monroe au Yéti (je suis un yéti), que ces putains de féministes n’ont rien compris etc. Bon, du coup ce n’était pas un ami, juste un gros con.
Mais ! Les copines plus jeunes qui veulent absolument me maquiller, me saucissonner dans de la fringue inconfortable mais chaudasse  pour sortir appâter le célib et qui de guerre lasse m’abandonnent, enfin, à mon sort de solitaire (heureuse, épanouie, vivante!) et me vouent aux gémonies en me jetant le sort d’une vieillesse de malheur, seule, sans un homme qui puisse m’aimer.
Mais ! Les lascars en bas de chez moi, qui viennent se mettre la race à coups de 8.6 et de mauvais shit, qui sont pas méchants, qui me balancent avec affection que je pourrais être encore bonne si je me sapais un peu, et si je me maquillais, que je suis pas si vieille, c’est pas sexy les sarouels etc.
Aujourd’hui j’ai mis une jupe midi parce que j’avais envie que ça froufroute un peu dans ce petit vent frais de décembre, et en pleine balade le long du Canal, en plein après midi, un vieux schnock est venu m’emmerder, sans crainte et sans vergogne, jusqu’à ce que ma grosse chienne hyène lui gueule tellement dessus qu’il finisse par repartir.
Et ce qu’il marmonnait c’était pas des poèmes romantiques.
Et se dire que ça ne s’arrêtera jamais. JAMAIS.

Never mind

Bon baaaah…
y a des jours où c’est hard de donner un sens à sa propre existence, faut se fouiller sévère, aller puiser dans les dernières petites réserves du sac tari des illusions et aller, vaille que vaille… alors que t’as juste une rage de tarée qui te malmène la tripe, que t’as des lames de 20cms aiguisées comme des coupes-choux qui veulent jaillir sous chaque ongle de chacun de tes putains de doigts, que le cri que tu ravales à grand renfort de tes glandes salivaires est tellement monstrueux qu’il briserait le fragile édifice de ta raison raisonnable…
Non vraiment, y a des jours où il faut une sagesse de moine Shaolin pour enquiller les claques, faut une abnégation de nonne pour supporter de n’avoir jamais le retour de l’amour que tu ressens, t’as beau le savoir par cœur bah y a des jours où ton plexus implose en milliers d’esquilles qui te maravent de l’intérieur  puis t’étouffent dans l’abominable cloaque de l’injustice flagrante.
Y a des jours où quand arrive le soir t’es plus qu’une poche vide, t’es juste une paire de cernes mouillées dans ta cuisine, tu sais tellement l’inutilité du baston que tu te contentes de faire du bruit en faisant ta vaisselle, t’espère bien au moins casser un verre ; les yeux fixés sur la nuit dehors où les derniers loups quelque part où t’es pas doivent hurler à la Lune, et où tu donnerais un bras pour être à hurler avec eux.
T’as des jours qui commencent heureux et qui te finissent au scalpel sans anesthésie, ton impuissance en perfusion, à chercher un sens à ta présence dans le radeau de ton lit tandis que le tsunami du monde t’avale et recrache ton insignifiance.
Et demain. Bordel, heureusement il y a toujours demain.

M’sieur Hamon, si je peux me permettre?

Monsieur Hamon,
allez je me permets : ne prenez pas ombrage des désistements des vieux machins du PS!
Bien au contraire, je trouve sans être la seule que c’est un excellent signe de probité en ce qui vous concerne. Ne pas être soutenu par ces rats nourris aux égouts du Medef est tout à votre avantage finalement, ça compense un peu le fait que vous soyez issu de leur cuisse et que vous ayez opté d’utiliser leur primaire afin de les représenter dans cette bouffonnerie d’élection présidentielle.
En fait, communiste puis socialiste puis écolo et enfin abstentionniste depuis que j’ai été voter Chirac en pleurant, j’ai eu un chatouillis électoral lorsque j’ai capté votre discours et j’ai tendu l’oreille : oh, mais c’est qui ce petit, là? Voilà que sortent enfin les principes indignés, rabhistes, nuit deboutesques et j’en passe? Ah oui, Hamon le frondeur! Ooooh, il ose le revenu universel, la sortie du nucléaire, la fin de la malbouffe!!! bien!
Alors j’ai mieux écouté, puis j’ai fouillé, vous, votre programme ; j’ai même écrit à votre facebook (avant que ce ne soit plus possible) au sujet du revenu universel sans être convaincue par la réponse reçue, pas de précisions.
Puis vous avez été élu à cette primaire et voilà que vous vous êtes mis à rétropédaler, un peu trop. Gros discours presque labelisé Hollande 2012 où vous avez picoré un peu dans tout en gigotant et criant presque autant que le Bébé Macron, mais c’est bien, les gens aiment bien ça, vous étiez certainement un peu trop posé et calme. Voyez les harangues oratoires du Mélenchon, ça hypnotise! Moi il me fait flipper, affaire d’égo là, on sait pas quel dictateur se cache des fois dans la manche des oracles. Mais bon…
Alors, pas de bol les écrans sont trollés par Fillon (à croire que c’est fait exprès à force) et le monde des gens n’a pas l’air de vouloir piger que c’est le moment d’évoluer, vite, vu qu’on a presque fini de scier la branche où on est assis mais qu’on veut pas de chaises. Ces chaises confortables et épanouissantes que vous nous proposez Monsieur Hamon, ces bonnes chaises faites main et maison,  qui terrifient les arrières-trains adipeux habitués aux velours mousseux et aux ors des sièges du capitalisme, ces culs qui n’attendent que le trône et que de nous coucher par terre.
Non, Monsieur Hamon, soyez surtout pas outré par les désistements de ces suceurs de moelle, soyez en heureux. Imaginez le contraire : soutenu par Valls??? Par Ségo??? El Khomri??? Comment dire, heu…
Au contraire, profitez en pour raffermir vos thématiques, n’essayez même plus de faire de la lèche à qui que ce soit, il y a lurette que la sauce du PS est moisie. En faire partie est le bât qui vous blesse encore et qui à mes yeux et à d’autres empêche la confiance, et mon vote.

Ne croyez pas que c’est facile l’abstention hein, c’est une conviction.

Tout sauf de la flemme ou de l’inintérêt, l’abstentionniste est aussi celle ou celui qui en a marre d’être pris pour un-e con-ne, pour un-e teubé-e à deux neurones, qui a compris que ce sont ses petites mains qui nourrissent l’ogre qui va bouffer ses enfants, et qui a assez de recul pour constater que non, non, rien a changé, tout, tout a empiré.
Je ne voterais donc pas, encore, cette fois, ça me titille mais ça me twerke pas,  bien que vous m’ayez presque convaincue.

Y a encore deux trois bricoles à revoir sur votre copie qui font que je sent encore la main mise (notamment sur l’augmentation de « l’aide » aux pays en voie de développement : ils ont juste besoin qu’on leur paye ce qu’on leur doit, finissez-en avec la colonisation) des vieux croûtons de la gauche.
Vous ramez face au vent M’sieur Hamon,  mais le vent finira par tourner (en tout cas il vaudrait mieux pour notre descendance) et vous tenez le bon bout, souquez ferme!

 

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